20 juin 2014

Lettre à mes amours

 Lorsque j'ai choisi d'avoir des enfants, c'était une décision longuement mûrie. Cet appel venait du plus profond de mon être, ce qui m'avait étonné à l'époque, car jadis, toute petite, je ne voulais pas avoir ma propre marmaille. Je rêvais d'être une femme d'affaire et d'avoir une attitude de femme forte,  étant issus de la génération Spice girl et de son fameux «girl power». Puis votre papa est arrivé dans ma vie et tout naturellement, le désir d'avoir des enfants s'est pointé le bout du nez. J'ai attendu quelques années, questions d'étudier et de me trouver un emploi. Puis, quand le plan que j'avais élaboré a fonctionné, nous avons décidé « ça y ait, on plonge dans la sublime aventure de la parentalité ». Quelques mois après le début de cette première grossesse, une échographie a révélé qu'en moi se cachait la mort et qu'il faudrait l'en expulser. Certes, ce fut un moment difficile pour moi, mais aussi pour mon entourage. Savez-vous quoi mes amours? C'est dans les moments difficiles que l'on apprend à mieux se connaître et où on trouve de belles occasions d'apprendre. C'est ce que l'on peut appeler l'école de la vie, qui ne s'apprend qu'avec nos expériences autant positives que négatives. 

 Quelques semaines plus tard, nous avons écartés, avec une certaine appréhension, nos peurs de revivre ce cauchemar éveillé et c'est là, que pour la première fois, j'ai ressenti le miracle à nouveau. La certitude que tout irait bien. Je ne me sentais plus seule dans mon corps, un être m'habitait et d'une certaine façon communiquait avec moi. J'étais enceinte de toi ma grande et je vais toujours me souvenir de la première fois que tu as bougé. J'étais couchée sur le dos et je sortais peu à peu de mon sommeil, lorsque tu as décidé que pour ton premier «coucou» tu le ferais en grand. Ouf, j'ai été surprise, voire apeurée et inquiète. Je n'étais pas certaine d'apprécier ce que je ressentais. Dans les heures qui ont suivies, tu as recommencé encore et encore, ce qui m'a permis de m'habituer fort heureusement, car de l'énergie tu en avais et j'aimais ça. Mon ventre était en vie, je portais la vie et j'aimais la vie, ma vie! Puis, le jour de ta naissance, tu nous a démontré que c'était toi le boss et que suivre les conventions et faire comme les autres, ce n'était pas pour toi.. Pfff, plier les épaules pour sortir, pas question... Je vous épargne les détails mes chéries, un jour je veux être grand-mère :) 

 Deux ans et quelques mois plus tard, une deuxième merveille était en construction dans mon bedon. Le chantier était souvent très calme et je m'inquiétais parfois à savoir si la vie était encore en moi. J'avais beau me coucher sur le côté, boire un grand verre de jus d'orange, tapoter mon ventre, te chanter des chansons de ma voix désagréable, rien à faire, tu jouais la carte discrète. Quand je t'ai accueilli, tu t'es collé à moi et on te savait dans la pièce tant tu tétais si fort pour un si petit être. Ta soeur t'a rendu visite à l'hôpital et ce qu'elle se souvient de cet événement, c'est qu'elle avait mangé le bol de Cheerios prévu pour mon déjeuner! ;) Ce jour-là, vous êtes devenus des soeurs, des vrais soeur qui se chamaillent pour un oui ou un non, qui se câline férocement et qui devienne de véritables alliées quand il s'agit de faire front commun contre des consignes jugées inutiles comme se laver les mains et  prendre son bain!

 J'ai l'impression que ses souvenirs sont loin derrière nous maintenant. Ma grande, dans quelques semaines, tu fêteras ton sixième anniversaire et toi, ma petite puce, ton troisième. Je n'ai plus de bébés dans la maison depuis belle lurette, j'ai deux filles formidables, magnifiques, énergiques, rigolotes et intelligentes qui nous rappellent à tout moment que nous sommes en vie et que nous devons déployer toutes nos énergies afin de les guider et les outiller à affronter le monde. Ce monde où cohabite étrangement le bien et le mal, la beauté et la laideur, la vie et la mort, la bonté et la cruauté. Devant ce spectacle où toutes nos émotions sont sollicitées, nous essayons de vous protéger et de vous préparer à vivre dans la réalité qui vous attend dans quelques années, pas si lointaine. Malgré tous nos efforts, il vous faudra aussi fréquenter l'école de la vie pour faire vos propres apprentissages! J'espère que vous vous souviendrez toujours que derrière vous, papa et maman seront toujours là.

Avec amour,
maman


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