7 oct. 2014

Témoignage de Patricia: Conciliation famille-travail-études (militantisme)

Par Patricia Fréjeau 

 Ne sachant pas par où commencer, je vais y aller avec la salutation classique.  Alors, bonjour et bienvenue à ma toute première chronique.  J’ai envie de vous parler d’une étape de ma vie qui vient de se terminer.  C’est-à-dire un retour aux études avec un travail à temps plein et de jeunes enfants, également à temps plein.   Je vous entends déjà penser «Bon, regarde la fendante qui veut se péter les bretelles.»  Et pourtant, loin de moi cette idée, croyez-moi.  Mon seul but dans ce témoignage est que vous reteniez une seule petite chose, mais oh combien importante : aller au bout de ses rêves.  Voici ma petite histoire.

 Il y a de cela près d’une quinzaine d’années, j’avais entrepris un DEC que j’ai dû arrêter après un an d’études pour des raisons personnelles.  Certains me disaient que je devrais continuer en cours du soir et moi je leur disais qu’à ce rythme-là, ça me prendrait huit ans pour avoir mon diplôme parce qu’à ce moment-là, j’avais entendu dire qu’il était impossible d’avoir plus de deux cours par session en étant le soir.  C’était beaucoup trop long à mon goût.  Je préférais tout lâcher et me contenter du statut que j’avais. Puis, le fameux huit ans a passé et je me suis passée la réflexion que si j’avais continué, j’aurais terminé. Quelle déception j’ai ressenti.

Un bon jour, le déclic s’est fait dans ma tête, je devais terminer le DEC commencé plus tôt. J’étais faite pour ce travail! Bien que j’avais des enfants en bas âge à ce moment-là, j’ai foncé et après plusieurs démarches, je me suis retrouvée inscrite au même Cégep, en cours du soir, qui surprise, acceptait les étudiants à temps plein à la formation continue.  Les mois et les années à venir allaient être pénibles que je me disais.  Et un beau soir de tempête de neige, j’ai quitté ma famille pour aller m’asseoir  à un bureau dans une classe pas de fenêtre et pleine d’inconnus, pour la première fois en plus de dix ans.  J’étais autant gênée que déterminée.

 Les cours, les études, les travaux et les déplacements se sont rapidement enchaînés. Nous avons dû réorganiser notre vie familiale en conséquence de ma vie de nouvelle-vieille étudiante.  C’est certain que ce n’était pas facile et que nous en avons ramé un coup. Mais il y avait un sentiment qui grandissait en-dedans de moi : la fierté. Ce sentiment me suivait partout et heureusement parce qu’il m’est arrivé de vouloir tout abandonner… à nouveau.  Je me trouvais des excuses en me disant que si je n’étais pas aller au bout la première fois, c’était peut-être parce que ce n’était pas fait pour moi.  Puis les stages se sont pointés le bout du nez pour me confirmer à quel point j’étais dans mon élément.  Et parfois, c’était tellement difficile que malgré tout, il m’arrivait encore de vouloir tout arrêter pour revenir à ma petite vie tranquille. Bref, j’étais terrorisée. J’avais peur parce que le changement ça peut faire peur. Le changement n’était pas les études en soi, c’était la nouvelle vie de diplômée qui m’attendait et cela me foutait la trouille.

 Finalement, au mois de mai dernier, j’ai remis mon tout dernier travail.  Celui qui mettait un point final à tous mes sacrifices et à ceux de ma famille. Plutôt que de terminer ma technique en huit ans, je l’ai fait en trois ans et demi. Vive les sessions à temps plein.  Mais quel travail ce fut.  Aujourd’hui, j’ai un nouvel emploi que j’adore et pour lequel j’étais prédestiné. La fierté que je ressentais en débutant mon retour aux études s’est épanouie et je la sens plus que jamais en pensant à ces dernières années.  J’ai enfin fait ce que j’aurais dû faire depuis longtemps : J’AI RÉALISÉ MON RÊVE! Je vous encourage à aller au bout des vôtres, le sentiment d’accomplissement que nous pouvons ressentir après est indescriptible.  Il faut le vivre.  Et si jamais votre rêve implique de retourner aux études, dites-vous que les résultats valent tous les efforts fournis. Si j’y suis arrivée, vous le pouvez aussi. ;)


P.S. Je n’en ai pas parlé dans la présente chronique, mais le «militantisme» du titre évoque mon implication syndicale qui n’a pas ralenti durant ces années d’études. Oui, il y a moyen de mener tout ça de front sans rien mettre de côté.

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