18 avr. 2015

Syndrome de la poule pas de tête

Par Karine Cyr 

 Lorsque j'étais enfant, ma famille disposait de quelques animaux, dont un chien, des lapins, un cochon et des poules. Ces dernières nous fournissaient de bons cocos et éventuellement, elles subissaient le triste de sort de la majorité des volailles soit remplir les bedons de toute la famille. Je me souviens de cet étrange spectacle qui savait m'étonner et me faire rire. La naïveté d'un enfant qui n'a pas encore réalisé ce que ce procédé impliquait. Par contre, l'image de la poule qui vient de perdre sa tête et qui court partout pour ensuite s'effondrer m'a profondément marqué. Cette image a ressurgi dernièrement lorsqu'à bout de souffle, entre deux tâches, j'ai fait le constat que ma vie se résumait à une course qui prenait fin que lorsque mes enfants étaient dans les bras de Morphée.

 Avez-vous cette impression que parfois le parent que nous sommes agit par automatisme, à la vitesse de l'éclair, au point d'en oublier de respirer, de sourire et de profiter du moment présent? Ce «syndrome», dont je doute de sa réelle existence devrait exister dans la littérature populaire au-delà de sa simple expression. Je crois que ce sont surtout les femmes qui en sont atteintes, voulant correspondre à l'image de la mère parfaite, répondre aux nombreuses attentes qu'elles se sont elles-mêmes imposées en fonction de ce qu'elles interprètent comme messages véhiculés par la société en général et l'entourage.

 Autrefois, la mère de famille devait exceller dans son rôle de mère et de ménagère de la maison. À notre époque, en plus de «tenir maison» et de s'occuper de la marmaille, elle doit travailler à l'extérieur. Donc, elle doit maintenant réussir dans minimum deux sphères de sa vie, ce qui implique une augmentation de l'anxiété de performance pour plusieurs d'entre nous. Je tiens à préciser que certains hommes aussi vivent ce stress quotidien et aussi, que chaque personne vit cette conciliation travail-famille différemment selon son type de personnalité. Une personnalité anxieuse, de nature perfectionniste, le vivra plus difficilement qu'une personne de nature zen.

 Certaines personnes semblent être heureuses dans cette course effrénée connue des perfectionnistes de ce monde, se sentant vivantes et importantes. D'autres, au contraire, se sentent épuisées et déconnectées de la réalité et de leurs objectifs de vie. Quand ce marathon devient un mode de vie qui nous rend malheureux, il affectera aussi nos proches qui ne bénéficieront plus de nos sourires et feront face à un air de boeuf de façon quasi perpétuelle. On ne s'en sort pas des animaux, il faut croire qu'ils sont une source d'inspiration directe et ce, depuis le début des temps ;-) 

 Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, quand la chaleur extérieure se réchauffe, naturellement, j'ai envie de profiter davantage de la vie avec ma famille et prendre les choses plus à la légère. Mes chères «poules pas de tête», lâchons prise de nos nombreuses listes de choses à faire et accordons notre temps et nos pensées à l'essentielle, soit avoir du plaisir dans notre vie et dans ce que nous accomplissons. Souriez et lâchez votre fou plus souvent!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci pour votre commentaire :)