20 juil. 2015

Miroir, miroir, est-ce que tu me trouves jolie?

 Par Karine Cyr

 Il y a quelques semaines déjà, je naviguais sur le célèbre réseau social Facebook et mon regard s'est porté sur le commentaire d'une maman, sur un forum quelconque pour les parents, dont à mon avis, il y en a beaucoup trop sur Facebook et ne fait malheureusement pas toujours ressortir les qualités parentales de tous! La mère écrivait que son garçon d'environ 7 ou 8 ans se trouvait laid et a eu l'idée de publier une photo de ce dernier en demandant la collaboration des autres parents pour lui écrire combien ils le trouvaient joli et que par la suite, elle lui lirait les commentaires.

 Là, mon coeur s'est arrêté de battre, mes yeux sont sortis de leurs orbites, tel Jean-Luc Mongrain en état de crise d'indignation, en regardant directement la caméra! Quoi? Pardon, est-ce une blague madame? Dites-moi que ce que je lis est une mauvaise blague, svp! Il semblerait que cette maman était très sérieuse et là, j'avais envie de laisser aller ma révolte et mon découragement face à notre société et son immense besoin de se percevoir à travers autrui en utilisant les Facebook, Twitter et Instagram, en publiant milles et une photo de son soi-même et de ses enfants, en attendant impatiemment que ses proches leurs disent combien ils ont la famille la plus belle et la plus mignonne qui soit, quand ce n'est pas un selfie de madame en maillot, en faisant une moue se voulant sexy, dans le but de se faire dire des commentaires remplis d'éloge sur sa silhouette. Les hommes ne sont pas en reste avec leur photo de nombril au vent ou encore, avec les muscles mis en évidence. 

  Cette maladie du miroir sociale m'inquiète au plus haut point quand il s'agit du modèle que certains inculquent à leur progéniture. Tu doutes de toi-même, de ton image, ce que tu vaux mon amour, rien de mieux, de plus facile que de consulter la communauté virtuelle qui est reconnue pour son authenticité et son opinion de bon goût! Au lieu de montrer à nos enfants à se percevoir selon l'opinion des autres, demandez-leur ce qu'ils aiment chez eux, physiquement, mais aussi et surtout, au niveau de leur personnalité, de leurs qualités. C'est correct de ne pas aimer certaines parties de son corps ou encore, un trait de notre personnalité. Il ne faut pas le nier, nier ce qu'ils ressentent, mais le reconnaître et les aider à accepter. 

 Il faut leur apprendre à miser, à se concentrer, sur leurs points forts. Apprenez-leur à s'aimer à travers leur propre miroir, leurs propres yeux et développer leur estime de soi pour la belle personne qu'ils sont à l'intérieur et à l'extérieur. Soyez un modèle pour eux, regardez-vous dans le miroir avec un sourire, pas avec le regard d'un inspecteur à la recherche du bourrelet en trop ou grimaçant devant les vergetures sillonnant vos cuisses. Même chose pour les étrangers, jetez aux ordures votre analyste corporel qui a tendance à dire tout haut ce qu'il devrait garder pour lui «Ouach, as-tu vu la madame qui a des bourrelets au genou» ou encore «il est donc bin laid lui avec ses bas blancs et ses oreilles de Dumbo». En plus, nos enfants ont un sens incroyable pour percevoir nos gestes, nos regards, notre non verbal. Pour aider nos enfants à s'aimer, il faut tout d'abord s'aimer soi-même! 

Bonne réflexion!


(Ce billet se retrouve aussi sur Le Huffington Post Québec, mais en version améliorée et mise à jour.)






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