14 mars 2016

Prévention des agressions chez nos enfants : 10 conseils pour faciliter la discussion

Par Karine Cyr

Il  y a des sujets beaucoup plus faciles que d’autres à aborder avec notre progéniture. Lorsqu’il s’agit de mentionner les cruautés dont la race humaine est capable, j’étouffe ma colère, ma peine et mon angoisse afin d’être capable d’exprimer à mon enfant que les méchants ne sont pas juste à la télé et dans les jeux vidéos.

Dernièrement, j’ai lu avec ma fille le livre Ma sexualité de 6 à 9 ans de la sexologue Jocelyne Robert qui le temps d’un très court chapitre, explique aux enfants comment se protéger des prédateurs sexuels. Ces quelques paragraphes ont été le déclencheur de plusieurs discussions dans les jours qui ont suivi. Chacune de ses questions occasionnait un stress et une réflexion qui se devait d’être rapide, mais malgré tout profonde. J’avais l’impression de marcher sur un terrain miné où à tout moment je pouvais traumatiser mon enfant, affecter son sommeil et nuire au déploiement de ses ailes lui permettant de s’envoler avec confiance vers d’autres horizons, loin des jupes de sa mère et des baskets de son père.


Plusieurs questions et réflexions défilent dans ma tête depuis quelques jours.

Comment expliquer à un enfant ce qu’est un prédateur sexuel ?

Comment dire à un enfant sans faire éclater sa bulle dorée que dans la vie personne n’est totalement digne de confiance ?

Comment expliquer à un enfant qu’il ne doit pas aider un homme inquiet à la recherche de son chien disparu ?

Nous tentons d’inculquer à nos jeunes l’importance d’entrer en relation avec autrui, de socialiser, de discuter au lieu de prendre la fuite et d’être confiant dans la vie. À l’opposé, nous devons les prévenir que la vie n’est pas rose, que la confiance est une notion fragile et perméable et qu’aider son prochain peut être un geste risqué, voire lourd de conséquences.

Nous ne sommes pas préparés à présenter à nos enfants, avec délicatesse et honnêteté, les deux côtés de la réalité.

«Ce soir, dans le ring de la vie vous aurez droit à tout un combat. Du côté gauche, avec de grands yeux bleus de biche et une auréole magique, voici Espoir Labonté ! Du côté droit, arborant un regard de feu et deux cornes acérées, voici Enfer Méchanceté ! »

Soyons honnêtes, nous ne sommes pas très à l’aise de discuter des dangers avec nos enfants, car ils nous effraient nous aussi. On essaie de les protéger, tout comme on essaie de se protéger nous-mêmes de tous ces monstres, dissimulés ou non, rôdant ici et là, dans les rues de la ville et devant nos écrans, la réalité ayant rejoint la fiction et vice-versa.

Nous devons aborder avec nos enfants le comment, quand et pourquoi se protéger face à autrui, mais sans leur présenter la réalité comme un tableau noir et rouge où l’inquiétude et la panique doivent régner.

Il faut seulement amener nos enfants à prendre conscience qu’il pourrait peut-être faire face un jour à une personne voulant leur faire du mal, mais peut-être pas non plus. Notre but est de les outiller afin de les protéger, pas de les paniquer.


10 conseils pour discuter  des possibles dangers de la vie avec notre enfant:

*Avoir un ton calme et en contrôle

*Donnez quelques règles de sécurités et utilisez des mots adaptés à son âge. Pour amorcer les questions de sécurités, vous pouvez utiliser un livre pour enfant abordant ce sujet.

*N’entrez pas dans les détails. Il se peut que votre enfant vous demande ce que fait la personne à l’enfant qu’elle a enlevé. Je ne suis pas psychologue et j’avoue que j’aurais aimé savoir ce qui est suggéré de dire ou de faire. Si un psychologue lit cet article, j’aimerais bien connaitre son opinion!

*Être honnête et lui dire que les enfants n’ont pas à connaitre tous les détails ou que nous ne sommes pas à l’aise de répondre.

*Rassurez votre enfant régulièrement sur le fait qu’il peut avoir confiance en vous, que vous allez être là pour l’écouter, le soutenir et le guider.

*Être clair sur le fait qu’inconnu n’égale pas agresseur ou voleur d’enfants. On parle tous à des inconnus, que ce soit la caissière à l’épicerie ou aux parents d’un enfant jouant au parc en même temps que le nôtre.

*Aller au-delà de ses questions afin de cibler ses perceptions et ses émotions ? Est-ce qu’il est inquiet ? De quoi est-il inquiet exactement ? Est-ce qu’il a peur ?

*Faites attention de ne pas ridiculiser ou banaliser ce que votre enfant ressent. Débutez votre réponse par «Je comprends que notre discussion peut te faire peur, c’est tout à fait normal, mais…» et rassurez-le.

*Lui retourner la question, lui demander ce qu’il en pense.

*Écoutez-le, laissez-le parler sans tout commenter lorsqu’il ne vous pose pas de questions.



Ce que l’on veut, ce n’est pas apprendre la méfiance à nos enfants, mais la vigilance!

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